
Bienfaits du calendula : propriétés médicinales
Le calendula est l’une de ces plantes que l’on croise partout sans toujours mesurer sa véritable utilité. Ses fleurs orange vif, qui ponctuent les jardins familiaux et les bordures potagères depuis des générations, ne sont pas seulement décoratives : elles constituent l’une des références les mieux établies de la pharmacopée européenne pour les soins de la peau, au point de figurer dans la composition d’un très grand nombre de crèmes cicatrisantes vendues en pharmacie. Son nom même, dérivé des calendes latines marquant le début de chaque mois, rappelle sa floraison quasi continue qui a longtemps fasciné les jardiniers, la plante refleurissant sans interruption du printemps aux premières gelées dans de nombreuses régions tempérées.
Calendula officinalis L. appartient à la famille des Astéracées. C’est une plante annuelle ou bisannuelle de 30 à 60 centimètres, aux feuilles oblongues légèrement velues et aux capitules floraux caractéristiques, de couleur orange à jaune, qui se referment la nuit et par temps couvert, un comportement héliotropique qui a également contribué à sa réputation populaire de « baromètre végétal ». Originaire du bassin méditerranéen, elle s’est acclimatée à la quasi-totalité des régions tempérées du globe grâce à sa grande facilité de culture. La base botanique Plants of the World Online (Kew Gardens) documente son origine méditerranéenne et sa très large diffusion en culture ornementale et médicinale à travers le monde.
Sa composition phytochimique repose principalement sur les esters de faradiol, une fraction d’alcools triterpéniques caractéristique de la plante et responsable de l’essentiel de son activité anti-inflammatoire documentée. S’y ajoutent des caroténoïdes en quantité notable, notamment la lutéine, la zéaxanthine et la flavoxanthine, responsables de la couleur orangée des fleurs et impliqués dans le soutien de la régénération cellulaire, des flavonoïdes, des polysaccharides mucilagineux et des saponines. Des données consultables sur PubMed documentent l’activité de ces composés sur la réparation tissulaire et l’inflammation cutanée, un corpus scientifique qui a largement contribué à asseoir la réputation du calendula au-delà de son seul usage traditionnel.

Action cicatrisante et réparatrice cutanée
C’est l’indication la plus reconnue et la mieux documentée du calendula. L’Agence européenne du médicament (EMA) reconnaît un usage traditionnel bien établi des fleurs de calendula pour le traitement symptomatique des petites plaies, des inflammations cutanées mineures et des piqûres d’insectes. Les esters de faradiol exercent une action anti-inflammatoire documentée par inhibition de plusieurs médiateurs impliqués dans la réponse inflammatoire cutanée, un mécanisme qui favorise un environnement local plus propice au déroulement naturel des étapes de cicatrisation.
Cette action s’accompagne d’un effet trophique, c’est-à-dire nourrissant et stimulant pour les tissus en voie de réparation, attribué en partie aux caroténoïdes de la plante, dont plusieurs études suggèrent un rôle dans le soutien de la prolifération cellulaire au niveau de la peau lésée. Les polysaccharides mucilagineux contribuent quant à eux à maintenir un niveau d’hydratation locale favorable, un facteur reconnu comme important dans la qualité et la rapidité de la cicatrisation cutanée. L’ensemble de ces mécanismes complémentaires explique la présence quasi systématique du calendula dans les crèmes et baumes destinés aux petites plaies, aux irritations cutanées et aux peaux fragilisées, y compris chez le nourrisson dans certaines formulations spécifiquement adaptées à cet usage.
Cette action réparatrice rapproche le calendula de l’Aloe vera, autre référence végétale pour les soins de la peau irritée, les deux plantes étant fréquemment associées dans les formulations cosmétiques et dermatologiques naturelles pour couvrir à la fois l’apaisement immédiat et le soutien de la réparation tissulaire à plus long terme.
Action anti-inflammatoire et apaisante
Au-delà de la seule cicatrisation, le calendula présente une action anti-inflammatoire plus générale, utile dans le soulagement des irritations cutanées légères non liées à une plaie ouverte, comme les rougeurs, les démangeaisons superficielles ou les réactions cutanées mineures. Cette propriété, également documentée pour les esters de faradiol, place le calendula parmi les plantes de référence pour les soins des peaux réactives et sensibles, un usage qui s’étend en cosmétique naturelle bien au-delà du strict cadre médicinal.
Cette action apaisante rejoint celle de la Camomille matricaire, autre Astéracée aux propriétés anti-inflammatoires cutanées bien établies, les deux plantes étant souvent combinées dans les soins destinés aux peaux irritées ou aux terrains allergiques, malgré la précaution commune qu’elles partagent en raison de leur appartenance à la même famille botanique, détaillée plus loin dans cet article.
Soutien des muqueuses buccales et pharyngées
Une seconde indication, également reconnue par l’EMA, concerne l’usage du calendula en application locale sur les muqueuses de la bouche et de la gorge. L’infusion de fleurs, utilisée en bain de bouche ou en gargarisme, est traditionnellement employée pour soulager les inflammations légères de la muqueuse buccale et pharyngée, notamment les petites irritations gingivales et les maux de gorge débutants. Cette action exploite à la fois les propriétés anti-inflammatoires de la plante et une légère astringence liée à sa teneur en tanins, qui contribue à resserrer et à apaiser les tissus muqueux enflammés.
Les formes du calendula et leurs usages
Le calendula se prépare et se consomme sous plusieurs formes, chacune adaptée à un usage particulier, la voie huileuse restant la plus emblématique et la plus utilisée pour les soins cutanés.
Le macérat huileux
C’est la forme la plus traditionnelle et la plus efficace pour extraire les composés liposolubles de la plante, en particulier les esters de faradiol et les caroténoïdes. La préparation consiste à recouvrir des fleurs de calendula, fraîches ou séchées, d’une huile végétale stable comme l’huile d’olive ou de tournesol, dans un bocal en verre propre placé au soleil ou dans un endroit tiède pendant deux à quatre semaines, en agitant quotidiennement. Après filtration soigneuse à travers une étamine, l’huile obtenue se conserve dans un flacon opaque à l’abri de la lumière et de la chaleur, et s’applique directement sur la peau irritée, les petites plaies en voie de cicatrisation ou les zones sèches et sensibles.
L’infusion de fleurs
Pour l’usage sur les muqueuses buccales et pharyngées, ou pour un usage interne plus général, l’infusion de fleurs séchées se prépare en versant 200 ml d’eau frémissante sur 1,5 à 2 grammes de fleurs, à couvrir et laisser infuser 10 minutes avant de filtrer. Cette préparation, utilisée en gargarisme ou en bain de bouche, extrait les flavonoïdes et les mucilages hydrosolubles de la plante, adaptés à cet usage local sur les muqueuses plutôt qu’à l’application cutanée où le macérat huileux reste préférable.
La teinture mère et l’extrait fluide
La teinture mère hydroalcoolique de calendula, obtenue par macération des fleurs dans l’alcool, offre une forme concentrée utilisable en dilution pour des compresses ou, très diluée, en usage interne occasionnel. L’extrait fluide, plus standardisé, entre dans la composition de nombreux produits pharmaceutiques et cosmétiques garantissant une concentration reproductible en principes actifs, un avantage pour les protocoles de soins nécessitant une constance d’un lot à l’autre.
Les crèmes et pommades commerciales
Les préparations commerciales à base de calendula, crèmes, pommades et baumes, sont largement disponibles en pharmacie et en herboristerie, souvent enrichies d’autres actifs complémentaires comme l’Aloe vera ou des huiles végétales nourrissantes. Ces produits offrent une texture et une stabilité adaptées à un usage quotidien, en particulier pour les peaux sèches, les petites irritations chroniques ou les soins des peaux sensibles chez l’enfant, sous réserve de vérifier la composition complète pour écarter d’éventuels excipients potentiellement irritants chez les personnes à peau très réactive. La lecture attentive de la liste des ingrédients reste une bonne habitude, en particulier pour repérer la présence éventuelle de parfums de synthèse ou de conservateurs qui pourraient, chez certaines personnes, contrarier la bonne tolérance générale que l’extrait de calendula lui-même procure habituellement.

Tableau comparatif des principales formes de calendula
| Critère | Macérat huileux | Infusion (usage muqueuses) | Crème commerciale |
|---|---|---|---|
| Indication principale | Peau irritée, cicatrisation | Gorge, gencives, bain de bouche | Usage quotidien, peaux sensibles |
| Préparation | Macération solaire, 2 à 4 semaines | 10 min à couvert, filtrer | Prête à l’emploi |
| Composés extraits | Esters de faradiol, caroténoïdes | Flavonoïdes, mucilages | Extrait standardisé |
| Facilité d’usage | Préparation maison requise | Préparation quotidienne | Très pratique |
| Allergie Astéracées | Test préalable recommandé | Test préalable recommandé | Test préalable recommandé |
Calendula et tagète : une confusion très répandue en français

Cette confusion est particulièrement fréquente en langue française, où le terme populaire « souci » est parfois utilisé de façon imprécise pour désigner à la fois le calendula et certaines espèces de tagètes, deux plantes aux fleurs orangées qui peuvent se ressembler au premier coup d’œil dans un jardin, sans pour autant appartenir au même genre botanique ni partager le même profil pharmacologique.
Le calendula (Calendula officinalis), traité dans cet article, est la plante médicinale de référence pour les soins cutanés cicatrisants, aux capitules floraux simples et aux feuilles oblongues légèrement velues. Le tagète (genre Tagetes, dont les espèces les plus courantes au jardin sont Tagetes patula et Tagetes erecta, parfois appelées œillet d’Inde) est un genre botanique entièrement différent, originaire d’Amérique centrale et non du bassin méditerranéen. Le tagète est principalement cultivé comme plante ornementale et comme répulsif naturel au potager, ses racines dégageant des composés qui limitent la prolifération de certains nématodes du sol, un usage horticole bien documenté mais qui n’a rien à voir avec les propriétés cicatrisantes du calendula.
Sur le plan pharmacologique, le tagète n’a pas fait l’objet d’études comparables à celles menées sur le calendula pour un usage cicatrisant cutané, et son huile essentielle, extraite dans certains contextes de parfumerie ou d’aromathérapie de niche, présente un profil chimique et des précautions d’emploi bien différents de ceux du macérat huileux de calendula. Il convient donc de ne jamais substituer le tagète au calendula dans une intention de soin de la peau, une confusion qui reste heureusement rare en pratique commerciale mais qui persiste dans le langage courant et mérite d’être clarifiée.
Contre-indications et précautions d’emploi
L’allergie aux Astéracées est la précaution la plus importante à connaître concernant le calendula. Cette vaste famille botanique, qui comprend également l’armoise, la camomille, l’arnica, le chrysanthème et le pissenlit, est l’une des plus fréquemment impliquées dans les allergies de contact et les réactions croisées. Les personnes déjà sensibilisées à l’une de ces plantes présentent un risque accru de réaction allergique au calendula, généralement sous forme de dermatite de contact avec rougeur, démangeaison ou légère irritation locale. Un test de tolérance sur une petite zone cutanée, réalisé 24 à 48 heures avant une application plus étendue, est une précaution simple et recommandée chez toute personne ayant des antécédents d’allergie à cette famille botanique, en particulier avant un usage prolongé ou sur une peau déjà fragilisée.
L’usage sur les plaies ouvertes ou les muqueuses lésées mérite une distinction selon la forme utilisée. Le macérat huileux, doux et bien toléré, convient généralement bien aux plaies superficielles en voie de cicatrisation. Les formes alcooliques concentrées, comme la teinture mère non diluée, peuvent en revanche provoquer une sensation de picotement ou une irritation passagère sur une plaie ouverte ou une muqueuse sensible, et sont donc à réserver à un usage dilué ou à une application sur peau intacte plutôt que directement sur une plaie fraîche.
L’usage interne du calendula, au-delà du simple gargarisme ou bain de bouche à base d’infusion diluée, reste moins documenté et moins standardisé que son usage externe, largement validé. Toute démarche d’intégration régulière du calendula par voie interne, au-delà de l’usage traditionnel en gargarisme, devrait être discutée avec un professionnel de santé, en particulier en cas de prise concomitante de traitements sédatifs, certaines sources évoquant un potentiel renforcement de l’effet apaisant, bien que cette interaction reste peu documentée cliniquement.
La grossesse et l’allaitement ne font pas l’objet de contre-indication spécifique bien établie pour l’usage cutané externe du calendula, largement pratiqué sans problème rapporté dans cette population, notamment pour les soins des vergetures ou des irritations cutanées locales. Une prudence générale reste recommandée pour un usage interne plus soutenu pendant cette période, par principe de précaution applicable à la plupart des plantes en l’absence de données spécifiques robustes.
En dehors de ces situations, le calendula présente un profil de tolérance très favorable, largement reconnu comme l’une des plantes les mieux tolérées pour les soins de la peau, y compris chez le nourrisson dans des formulations spécifiquement adaptées, ce qui explique sa présence constante dans les trousses de soins familiales depuis des générations. Cette réputation de plante douce et sûre a d’ailleurs contribué à sa large adoption par l’industrie cosmétique et pharmaceutique, bien au-delà du cercle restreint de la phytothérapie traditionnelle, un signe assez rare de convergence entre usage populaire ancien et validation par les circuits de production standardisés modernes.
Comme pour toute préparation à base de plantes destinée à un usage cutané régulier, il reste recommandé de conserver le macérat huileux et les autres préparations maison dans de bonnes conditions, à l’abri de la lumière et de la chaleur, et de vérifier périodiquement l’absence de signes d’altération (changement d’odeur, de couleur ou de texture) qui indiqueraient une dégradation du produit et justifieraient son remplacement plutôt que sa poursuite d’utilisation, une précaution de bon sens applicable à toute préparation huileuse artisanale conservée sur plusieurs mois.
Questions fréquentes
Le calendula est-il efficace pour la cicatrisation ?
Oui, c’est son indication de référence, reconnue par une monographie EMA pour les petites plaies, les inflammations cutanées mineures et les piqûres d’insectes. Les esters de faradiol exercent une action anti-inflammatoire documentée qui favorise le processus naturel de réparation cutanée, complétée par l’action des caroténoïdes et des polysaccharides de la plante.
Comment préparer un macérat huileux de calendula ?
Recouvrir des fleurs de calendula d’huile végétale stable, laisser macérer au soleil 2 à 4 semaines en agitant quotidiennement, puis filtrer et conserver à l’abri de la lumière. Cette huile s’applique directement sur la peau irritée ou les petites plaies en cicatrisation.
Le calendula est-il dangereux en cas d’allergie aux Astéracées ?
Un risque de réaction croisée existe chez les personnes déjà sensibilisées à l’armoise, la camomille, l’arnica ou le pissenlit, sous forme de dermatite de contact. Un test de tolérance cutanée préalable est recommandé chez ces personnes avant toute application plus étendue.
Quelle est la différence entre le calendula et le tagète ?
Deux plantes différentes souvent confondues sous le terme populaire de « souci ». Le calendula est la plante médicinale cicatrisante traitée dans cet article. Le tagète (genre Tagetes) est une plante ornementale et répulsive de jardin, sans profil pharmacologique comparable pour un usage cutané. Ne pas les substituer l’une à l’autre.
Peut-on utiliser le calendula sur les muqueuses ?
Oui, c’est une seconde indication reconnue par l’EMA. L’infusion de fleurs en bain de bouche ou en gargarisme soulage traditionnellement les inflammations légères de la muqueuse buccale et pharyngée, notamment les petites irritations gingivales et les maux de gorge débutants.
